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Textes et écritures au Moyen Age en Agenais |
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Du grec papyros, qui viendrait du copte papirro, qui signifie « royal ». Le papier fabriqué avec des fibres végétales fut inventé en Chine au Ier siècle avant J.-C. Des papetiers chinois, faits prisonniers lors de la bataille de Samarkand en 751, révélèrent aux persans sa fabrication. Elle gagna l’Occident au Xe siècle et l’Europe au XIIe siècle, alors que l’on connaissait déjà un papier de chiffon. Au départ il est mal accueilli, car trop fragile, et est réservé aux écrits peu importants, aux productions éphémères. Il se diffuse en Occident, de façon quasi simultanée, en empruntant trois itinéraires différents. Au début du XIIe siècle, Byzance au travers de la première croisade et la Sicile arabe font découvrir à l’Europe le papier. Dans la seconde moitié du XIIe les Maures venus du Maroc diffusent son usage par le relais andalou. Le premier ouvrage occidental, conservé, en papier est un missel mozarabe du début du XIe siècle de l’abbaye de Santo Domingo de Silos. Après la Reconquista, les juifs se spécialiseront dans la fabrication du papier. En France un des premiers documents rédigés sur papier date de 1243/1248 : il s’agit d’un registre des recettes et dépenses d’Alphonse de Poitiers. Au XIIIe siècle en Italie, puis au début du XIVe siècle en France (à Troyes), apparaissent des moulins à papier. Peu à peu une véritable industrie papetière se met en place, elle explosera avec la diffusion de l’imprimerie. Agen puis la région de Fumel furent des centres importants de fabrication du papier. Il fut d’abord fabriqué à base de chiffons en fibres végétales (chanvre, lin) que l’on mettait à pourrir. Le bois moulu remplacera le lin ou le chanvre vers 1875. Cela permit de baisser les coûts de revient de façon considérable, mais la qualité du papier fut très en deçà. Les chiffons sont découpés et réduits en pâte après un martelage. Ensuite cette pâte est chauffée puis étendue et pressée entre deux feutres dans des matrices différentes, garnies de treillis métalliques (pontuseaux et vergeures : c’est le filigrane), pour former une feuille. Enfin, la feuille est séchée en étant étendue sur des cordes. Un filigrane représentant des lettres, des animaux ou des outils apparait en transparence. Parfois les noms du papetier et du type de papier sont rajoutés. La feuille est ensuite lissée, polie et collée (gélatine). Le chlore sera introduit en 1789 pour blanchir le papier. La surface lisse permet à l’écriture une grande cursivité. Quasi impossible car il est très difficile d’effacer un texte sans laisser une trace. Toutes les formes, tous les formats sont possibles. Il permet, avant tout et surtout, l’écriture individuelle faîte de brouillons, de ratures, de reprises, de réécritures. Et ceci grâce à son coût. En effet, dès le XVe siècle le papier revient 4 fois moins cher que le parchemin. 150 ans plus tard le rapport est de 1 à 13. De plus, le papier est très mince, très solide et maniable. C’est le support idéal. Il est effaçable quand on le désire, sinon il est infalsifiable. Et surtout, il est le support intimement lié à l’imprimerie. |
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