Introduction
Alors que se profilent les commémorations
du 90e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, et queles
derniers survivants viennent de disparaitre, la Grande Guerre reste pour
l’opinion publique un des événements les plus fascinant
de notre histoire contemporaine.
Guerre de masse, guerre d’États-Nations essentiellement européens
engagés dans un conflit que beaucoup pensaient ou espéraient
court, guerre aux causes multiples, elle reste «incompréhensible» pour reprendre le mot de l’historien Jean-Baptite Duroselle,
tant elle véhicule des images où la mort est omniprésente,
les souffrances terribles pour les combattants, mais également
pour les populations civiles. Premier usage massif de la propagande, première
utilisation des gaz asphyxiants, premiers camps de concentration, premier
génocide, celui des Arméniens en 1915. Au-delà de
ces aspects les plus marquants, elle est aussi dans la réalité
de la guerre vécue, un «quotidien» pour les soldats
engagés dans la défense des tranchées, un «quotidien» pour les hommes, les femmes, les enfants restés
à l’arrière, ou pour les Français des départements
occupés.
Images de l’ennemi, images de soi, expériences des uns et
des autres, adaptations à la guerre et à ce qu’elle
impose dans les domaines du politique, du social ou du culturel. Ces thématiques
ont été placées au cœur de la démarche
du Service éducatif des Archives départementales de Lot-et-Garonne.
Comme supports pédagogiques, les documents ne manquent pas qui
disent la guerre : iconographie allant des cartes postales produites en
grand nombre, des photographies prises sur le front par les combattants
eux-mêmes, des témoignages écrits, des journaux, aux
objets du quotidien. En proposant justement des documents originaux et
quelques pistes pédagogiques, le Service éducatif a voulu
présenter aux enseignants du primaire comme du secondaire un outil
de compréhension des individus et sociétés plongés
dans le conflit.
Chaque document, présenté dans son contexte, peut être
étudié individuellement. En parallèle, nous proposons
plusieurs parcours d’analyse par l’étude de «groupes documentaires» de trois à quatre documents, centrés
sur un aspect précis du conflit. Libre ensuite à chacun
d’adapter le contenu du corpus présenté et des questionnaires
en fonction de son intention et de sa pratique pédagogique.
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