Introduction
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Contrer
l’avalanche d’informations, de désinformations du gouvernement de Vichy
tel est le but premier des résistants et de leur contre propagande.
Au-delà d’un soucis de faire vivre « la flamme de la Résistance
» il s’agit d’exister, de faire douter les populations, puis de faire basculer
l’opinion et enfin d’apparaître comme une alternative crédible aux
positions du gouvernement de Vichy. Les enjeux sont de taille.
A
partir de 1942 tracts, vignettes, graffitis se multiplient. Il y a même surabondance.
Il s’agit d’occuper le terrain et le message est généralement confus
et très fréquemment brouillé aux yeux de la population. Il ne suffit
pas de dire pour être entendu. Trop souvent l’émetteur n’est pas
clairement identifié par le récepteur (les Allemands en profiteront pour faire
beaucoup de faux). La diffusion de journaux réguliers émanant des mouvements,
avec sous- titre et signature explicites, sera une réponse efficace à ces problèmes.
Avec «l’unification » politique puis militaire de la Résistance,
dès 1943, le propos est plus clair, les discours plus convergents, la cible identifiable
et l’objectif visible saboter le travail de Vichy, harceler les Allemands, permettre
aux Alliés d’utiliser la France comme base de reconquête, libérer
la France, rétablir l’ordre républicain.
Puis
vient l’heure de la Libération et de l’épuration.
La propagande du Gouvernement provisoire de la République française s’impose
au sein de la Résistance et devient officielle. Tracts et affiches sont plus «
professionnels » et se recentrent autour de quelques idées clefs : se mobiliser
contre l’occupant, s’unir autour du gouvernement provisoire, reconstruire la
France et châtier les coupables. Quelle soit officielle ou clandestine, organisée
ou spontanée, politique où individuelle, la propagande des résistants
vise à la prise de conscience et de responsabilité. Elle lutte contre l’indifférence,
l’obéissance et la fatalité. Résister est avant tout un état
d’esprit, un refus de l’inacceptable.
Si
le discours de la Résistance se nourrit d’actes d’héroïsme
et est pétri du culte du sacrifice, il ne cherche pas pour autant
à culpabiliser les français qui restent à ses yeux des victimes. C’est
l’oppression nazie, le mensonge de Vichy et la trahison des collaborateurs qui sont
mis en avant. Face à ce «complot » des forces fascistes et réactionnaires
on tente d’imposer une vision unitaire de la Résistance regroupée autour
des valeurs démocratiques, patriotiques et humanistes. Le but est de mettre en place
une contre-culture politique et idéologique. Ce n’est qu’ensuite que l’on
peut envisager, sur le terrain, une résistance efficace évoluant au milieu
d’un environnement pour le moins bienveillant, voire complice. Ce fut le cas en Lot-et-Garonne.
La Résistance y a été précoce et active, sa propagande abondante.
Le poids du parti communiste avant-guerre et durant la guerre explique le faible écho
de la propagande des autres sensibilités politiques résistantes notamment des
gaullistes.
Mais,
les initiatives individuelles furent nombreuses notamment de la part des immigrés
italiens ou espagnols. L’ampleur de la fronde face au STO témoigne
d’un rejet massif de la politique de Vichy qui s’amplifie à partir de
l’occupation allemande. Ici, comme ailleurs, mais sans aucun doute plus qu’ailleurs,
le climat de guerre civile s’intensifia au fil du temps. Au zèle de la milice
dans le département répondirent les appels à « la justice patriotique
» de la part des résistants et l’épuration «spontanée
» au moment de la Libération.
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Documents

Doc
n°1
Papillons d’immigrés italiens
à Agen, été 1943, 1 W 71
Doc
n°2
Papillon des Mouvements unis
de la Résistance (MUR) à
Agen, janvier 1944, 1 W 72
Doc
n°3
Papillon anonyme à Villeneuve-sur-Lot, 1942, 1 W
71
Doc
n°4
Tract du mouvement de résistance
« Libération » dans l’ensemble
du département, fin février 1943,
1 W 71
Doc
n°5
Lettre du ministre de l'intérieur au Tract des Mouvements
unis de la Résistance (MUR) à Agen et dans toute la France, mars 1944, 1
W 72

Doc
n°6
Affiche des Forces françaises de l‘Intérieur
(FFI) à Agen, début 1945, 22 Fi 73
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