L’élection
d’Armand Fallières, président du Sénat, le 18 janvier 1906 à
Versailles, à la présidence de la République par le Parlement au premier
tour de scrutin, par 449 voix contre 371, scelle un parcours républicain exemplaire
commencé en 1871 au lendemain de la défaite de Sedan avant même que
la République n’ose dire son nom.
Cette élection
témoigne d’une république affirmée, du juste milieu –sans
concession pour les extrêmes-, mais dénoncée comme une république
bourgeoise par ses opposants de droite comme de gauche.
La période qualifiée, à posteriori à la lueur de la Grande Guerre,
de Belle Époque s’inscrit dans une conjoncture économique prospère,
au cœur d'une dynamique de progrès.
Mais la France et les autres pays industrialisés, européens ou non
(Japon, États-Unis) produisent, conquièrent des marchés dans
un contexte de concurrence de plus en plus dur que révèlent les tensions coloniales
croissantes. L’heure est déjà aux rivalités, aux revendications,
au surarmement. L’Extrême-Orient (Chine, Sud-est asiatique),
l’Afrique du Nord ne sont pas les seuls enjeux et lieux d'affrontements. Les conflits
se rapprochent de Paris et sont présents au cœur même de l’Europe
(guerres balkaniques…).
Mais la France a réussi
à sortir de l’isolement consécutif à la fin désastreuse
de la politique aventureuse de Napoléon III. Elle a tissé autour
d’elle un réseau d’alliances, encore fragile mais prometteur, en rapprochant
des puissances jusque là éloignées telles la Grande-Bretagne et la
Russie…, et ne désespère pas de « retourner »
l’Italie.
A l'intérieur le régime semble solide. Il est sorti renforcé des nombreuses
crises (Mac-Mahon, Panama, Boulangisme, Affaire Dreyfus…).
L’équilibre des pouvoirs est affirmé au profit de l’Assemblée
nationale sous l’arbitrage d’un président de la République…
au rôle non négligeable, notamment dans le savant dosage des alchimies ministérielles.
Ce régime n’en reste pas moins attaqué. Attaqué sur sa droite
par les cléricaux et les conservateurs (affaire des Inventaires,
débat sur la peine de mort), mais aussi sur sa gauche. Les radicaux, majoritaires,
doivent tenir de plus en plus compte des aspirations (et des agitations)
populaires orchestrées par une CGT remobilisée et relayées par des
socialistes maintenant unifiés.
Attaquée sur ses flancs, la république modérée doit poursuivre
l’enracinement du régime autour d’un certain nombre de réformes
qui doivent inscrire les principes républicains dans le quotidien des Français.
L’accession du gascon à la présidence n’est pas celle du compromis
mais de la synthèse. Elle témoigne d’une France rurale devenue républicaine,
durablement républicaine. Ce ne fut pas le moindre des mérites d’Armand
Fallières d’avoir largement contribué à ancrer, très tôt,
notre département dans le jeu démocratique.
Nous avons voulu dans
ce numéro évoquer la Belle Époque du président Fallières
à travers six documents issus des fonds des Archives départementales.
S’ils n’épuisent pas tous les sujets qui pourraient être abordés
et développés autour de cette période, ils ont pour finalité
une approche essentiellement didactique des premières années du XXe siècle.
En effet, ces documents permettent soit d’initier, soit d’approfondir la leçon
en classe de quatrième dans le cadre de l’étude de la France entre 1815-1914,
soit en première dans la cadre du programme centré sur la période 1871-1914.
Les professeurs du Service éducatif proposent aux enseignants une série de
pistes pédagogiques dont la finalité est de faire travailler les élèves
individuellement ou en groupe, mais toujours en autonomie. Nous n'avons pas voulu concevoir
un cours complet et exhaustif, mais plutôt un approfondissement, une poursuite plus
en avant d’une réflexion autour de l’installation de la République,
des principes qui la soutiennent, des crises qui la traversent avant la déflagration
d'août 1914.
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